Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/97

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tout-à-fait sans reproche parmi tous tant que nous sommes qui vivons des fruits de la terre au vaste sein ; si je le trouve, je vous le dirai. [345d] Il continue à s’élever avec la même force dans toute la chanson contre le mot de Pittacus. Je loue, dit-il, et j’aime volontiers tous ceux qui ne se permettent rien de honteux ; mais les dieux mêmes ne sauraient combattre contre la nécessité. Ceci est encore dit dans la même vue. Car Simonide n’était pas assez peu instruit pour dire qu’il louait ceux qui ne font aucun mal volontiers, comme s’il y avait des hommes qui commissent le mal de la sorte. Pour moi, je suis à-peu-près persuadé qu’aucun [345e] sage ne croit que qui que ce soit pèche de plein gré, et fait de propos délibéré des actions honteuses et mauvaises ; mais ils savent très bien que tous ceux qui commettent des actions de cette nature, les commettent involontairement. Simonide, par conséquent, ne prétend point ici louer quiconque ne fait pas le mal volontiers ; mais il rapporte ce mot volontiers à lui-même. En effet, il pensait que l’homme de bien se fait souvent violence pour devenir l’ami et l’approbateur de certaines personnes ; [346a] par exemple, qu’il arrive souvent à un homme d’avoir un père ou une mère d’une humeur fâcheuse, ou d’être maltraité de sa patrie, ou quelque autre chose sem-