Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/268

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



L’ÉTRANGER.

Nous leur dirons, à notre tour, que nous voudrions bien les voir déclarer plus nettement encore s’ils avouent que l’âme connaît et que l’être est connu.

THÉÉTÈTE.

Sans doute ils l’avoueront.

L’ÉTRANGER.

Eh bien donc, connaître et être connu, est-ce, à votre avis, être actif, ou est-ce être passif, ou est-ce être actif et passif tout ensemble ? Ou bien encore, l’un est-il action, l’autre passion? Ou enfin ni l’un ni l’autre ne sont-ils ni action ni passion? Évidemment il» diront que ce ne sont là ni des actions ni des passions ; autrement ils diraient le contraire de ce qu’ils ont avancé tout à l’heure.

THÉÉTÈTE.

J’entends.

L’ÉTRANGER.

C’est-à-dire que si connaître était une action, l’objet connu serait nécessairement dans un état de passion ; d’où il suivrait que l’être connu par la connaissance serait mû, en tant que connu, puisqu’il serait passif : or, c’est ce qui a été reconnu impossible de l’être essentiellement en repos.