Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/688

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rent [43e] au moins détournés de leur course circulaire, et égarés dans tous les sens et dans tous les mouvements désordonnés, autant que cela était possible. Demeurant à peine réunis entre eux, ils se mouvaient encore, mais sans ordre, tantôt dans un sens contraire à celui qu’ils devaient suivre, tantôt obliquement ; quelquefois renversés, comme si quelqu’un mettait la tête en bas et jetait les pieds en haut ; dans cette position, il prend la droite des spectateurs pour leur gauche et leur gauche pour leur droite, et ceux-ci se trompent de même à son égard. Au milieu de ces désordres et d’autres semblables, [44a] quand les cercles viennent à rencontrer au dehors quelque objet de l’espèce du même, ou de l’espèce du divers, ils donnent à ces objets les noms de même et de divers, à l’encontre de la vérité ; ils deviennent menteurs et extravagants ; et il n’y a en eux aucun cercle qui dirige et conduise les autres. Et si des sensations apportées du dehors viennent ébranler la demeure de l’âme, elles semblent triompher de l’âme, qui pourtant est leur maîtresse.

À cause de tous ces accidents, aujourd’hui et depuis les premiers temps, l’âme commence [44b] par être sans intelligence, quand elle vient d’être unie à un corps mortel. Mais quand le courant de nourriture et d’accroissement diminue, et que