Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/696

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Nous n’avons guère parlé jusqu’ici que des actes opérés par l’intelligence. Il faut y ajouter ceux qui viennent de la nécessité ; [48a] car, ce monde est le résultat de l’action combinée de la nécessité et de l’intelligence. L’intelligence prit le dessus sur la nécessité, en lui persuadant de produire la plupart des choses de la manière la plus parfaite ; la nécessité céda aux sages conseils de l’intelligence ; et c’est ainsi que cet univers fut constitué dans le principe. Si donc nous voulons exposer avec exactitude l’origine du monde, il nous faut, dans nos discours, suivre cette cause irrégulière partout où elle nous conduira. Il faut par conséquent revenir [48b] sur nos pas et prendre un autre commencement, en remontant ici à l’origine des choses, comme nous l’avons fait pour ce qui précède. Cherchons quelle était, avant la naissance du monde, la nature du feu, de l’eau, de l’air et de la terre, et quelles pouvaient être alors leurs qualités. Jusqu’ici personne n’a approfondi ces questions ; mais comme si nous savions parfaitement ce que c’est que le feu et chacun de ces autres corps, nous disons que ce sont des principes, et nous les considérons comme les éléments de l’univers, tandis que l’homme le moins intelligent devrait comprendre [48c] qu’ils ne peuvent être comparés avec la moindre