Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/739

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Celles qui sont égales ne produisent pas de sensation ; ce sont celles que nous appelons transparentes. Mais celles qui sont ou plus grandes ou plus petites contractent ou dilatent l’organe, et par conséquent elles agissent comme les corps chauds ou froids agissent sur la chair ; [67e] ou comme les corps acides, et tous les corps échauffants que nous avons appelés aigres, agissent sur la langue. Le blanc et le noir sont, dans un autre genre, l’effet des mêmes modifications des corps, et nous allons dire pour quelles raisons toutes ces sensations différent entre elles. Voici quels noms il faut leur donner. Ce qui dilate la vue est blanc, et ce qui produit l’effet contraire est noir. Quand le mouvement est plus vif, et que le feu extérieur, qui frappe la vue, la dilate dans toute son étendue jusqu’à l’œil, écarte même et divise [68a] avec violence les parties de l’œil qui servent d’issue au feu intérieur, et fait sortir de nos yeux du feu et cette eau condensée que nous appelons des larmes ; comme cet agent est lui-même un feu venant du dehors, et qu’ainsi il y a à la fois du feu qui sort de nous, comme s’il était produit par la foudre, et du feu qui entre en nous et vient s’éteindre dans l’humidité, et que de ce mélange naissent toutes sortes de couleurs, nous disons que l’impression éprouvée est celle de l’éclat, et que l’objet qui