Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/74

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HERMOGÈNE.

Que diras-tu de Dionysos[1] et d’Aphrodite[2] ?

SOCRATE.

Voilà deux questions difficiles, fils d’Hipponicus. Les noms de ces divinités ont un double sens, l’un grave, l’autre frivole. Adresse-toi à d’autres pour le sens sérieux : pour le frivole, rien ne nous défend de nous en occuper: car aussi bien, ces divinités aiment la plaisanterie. Dionysos sera donc celui qui nous donne le vin, διδοὺς τὸν οἶνον, et ou l’aura nommé en plaisantant Didoinysos. Le vin lui-même ὁ οἶνος, qui fait que la plupart des buveurs se figurent, οἴονται, avoir l’intelligence, νοῦν, qu’ils n’ont pas, a fort bien pu être appelé οἰόνους. Pour ce qui regarde Aphrodite, ce n’est pas la peine de contredire Hésiode. Nous ferons mieux de convenir avec lui qu’elle doit son nom à l’écume, ἀφρός, de la mer d’où elle naquit.

HERMOGÈNE.

J’espère, Socrate, qu’étant Athénien, tu n’oublieras pas Athéné[3], et que tu ne passeras pas non plus sous silence Héphaistos[4], ni Arès[5]

  1. Bacchus.
  2. Vénus.
  3. Minerve.
  4. Vulcain.
  5. Mars.