Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/741

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puissant pour réunir plusieurs choses en une seule, ou pour en diviser une seule en plusieurs ; mais il n’existe et il n’existera jamais aucun homme qui soit capable de l’un ni de l’autre.

[68e] L’auteur de ce qu’il y a de plus beau et de plus excellent parmi les choses qui ont eu un commencement, prenait tous ces éléments, tels que nous venons de les montrer et que la nécessité les lui donnait, lorsqu’il engendrait le Dieu accompli qui se suffit à lui-même[1] ; il employait toutes ces causes pour auxiliaires, mais il mit lui-même le bien dans toutes les choses engendrées. C’est pour cela qu’il faut distinguer deux sortes de causes, l’une nécessaire et l’autre divine ; et nous devons chercher [69a] en toutes choses la cause divine, pour jouir d’une vie heureuse autant que notre nature le comporte : mais nous devons aussi étudier les causes nécessaires en vue de la cause divine elle-même, nous persuadant que sans elles il est impossible de comprendre cet objet suprême de nos études, ou de le connaître même de quelque façon que ce soit.

Maintenant que nous avons rassemblé tous les matériaux de notre édifice, en exposant les dif-

  1. Le monde.