Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/742

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férentes causes que nous devons mettre en œuvre dans ce qui nous reste à faire, reprenons en peu de mots tout ce que nous avons dit depuis le commencement, retournons rapidement au point d’où nous sommes partis pour arriver à celui où nous sommes parvenus, [69b] et couronnons ce discours par une fin digne de lui.

Ainsi que nous l’avons dit en commençant, toutes choses étaient d’abord sans ordre, et c’est Dieu qui fit naître en chacune et introduisit entre toutes des rapports harmonieux, autant que leur nature admettait de la proportion et de la mesure ; car alors aucune d’elles n’en avait la moindre trace, et il n’eût pas été raisonnable de leur donner les noms qu’elles portent aujourd’hui, et de les appeler du feu, de l’eau ou tout autre élément. Dieu commença [69c] par constituer tous ces corps, puis il en composa cet univers, dont il fit un seul animal qui comprend en soi tous les animaux mortels et immortels. Il fut lui-même l’ouvrier des animaux divins, et il chargea les dieux qu’il avait formés du soin de former à leur tour les animaux mortels. Ces dieux, imitant l’exemple de leur Père, et recevant de ses mains le principe immortel de l’âme humaine, façonnèrent ensuite le corps mortel, qu’ils donnèrent à l’âme comme un char, et dans lequel ils placèrent une autre espèce d’âme, âme