Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/771

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que se combattre les uns les autres, et attaquent la durée et la solidité du corps, qu’elles tendent à diviser et à dissoudre. Les plus anciennes parties de la chair qui ont été dissoutes ne pourrissent que difficilement, et prennent une couleur noire à cause de la combustion qu’elles ont subie ; et devenues amères [83b] par suite de la corruption qui les a rongées, elles nuisent à toutes les parties du corps qui n’étaient pas encore corrompues. Tantôt cette couleur noire est unie à une saveur aigre et non plus amère, quand l’amertume est adoucie : tantôt l’amertume répandue dans le sang lui donne une couleur plus rouge ; et lorsque ce rouge est mêlé de noir, la couleur est celle de la bile : quelquefois enfin la couleur jaune se joint à la saveur amère, quand la chair vient d’être récemment dissoute par l’action de la flamme. Le nom de bile commun à toutes ces humeurs leur a été donné ou par des [83c] médecins ou par un homme qui aura su discerner au milieu de grand nombre et de leurs différences quelque chose de général, digne de servir de dénomination à tout le reste. Chaque espèce de bile a reçu, d’après sa couleur, un nom particulier. L’humeur aqueuse qui se rencontre dans le sang est douce ; celle qui vient de la bile noire et aigre est acerbe, lorsqu’à cause de la chaleur