Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/772

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elle est jointe à un goût salé : on la nomme alors la pituite aigre[1]. Quant à ces chairs tendres et nouvellement formées qui se gâtent à l’air, s’enflent ensuite [83d] à cause du vent qu’elles contiennent et sont entourées d’humeur, elles forment des ampoules qui, prises chacune à part, sont imperceptibles, mais qui, lorsqu’elles sont réunies en grand nombre, deviennent visibles et se teignent d’une couleur blanche à cause de leur écume ; c’est cette putréfaction d’une chair tendre, venant de l’air, que nous appelons la pituite blanche. La sueur, les larmes [83e] et toutes les autres sécrétions par lesquelles le corps se purge pendant le jour, découlent d’une pituite qui vient de se former. Tout cela concourt à produire des maladies, quand le sang au lieu de se renouveler comme la nature le demande par le moyen des aliments et des breuvages, s’accroît en s’assimilant des parties toutes contraires, malgré les lois de la nature. Lorsque la chair est ravagée par les maladies, sans perdre cependant sa base fondamentale, le mal n’existe qu’à moitié ; car il peut encore être réparé facilement. Mais quand la liqueur qui unit [84a] la chair et les os est malade, et que le sang qui coule de la chair et des nerfs ne nourrit plus les os, et ne sert plus

  1. Galien, De dogm., Hippoc. et Plat.