Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/785

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mots que si l’une d’elles reste oisive et se livre au repos au lieu de se mouvoir, elle devient nécessairement la plus faible, tandis que celles qui s’exercent deviennent fortes. [90a] Il faut donc avoir soin de les exercer toutes avec harmonie. Quant à celle de nos âmes qui est la plus puissante en nous, voici ce qu’il en faut penser : c’est que Dieu l’a donnée à chacun de nous comme un génie[1] ; nous disons qu’elle habite le lieu le plus élevé de notre corps, parce que nous pensons avec raison qu’elle nous élève de la terre vers le ciel, notre patrie, car nous sommes une plante du ciel et non de la terre. Dieu, en élevant notre tête, et ce qui est pour nous comme la racine de notre être, vers le lieu où l’âme a été primitivement engendrée, [90b] dirige ainsi tout le corps. Celui qui se livre à des passions et à des querelles, et s’occupe de soins de ce genre, n’a nécessairement que des pensées mortelles, et doit devenir mortel autant que cela est possible : il n’y peut rien manquer, puisque lui-même s’est complu à augmenter la partie mortelle de son être. Mais celui qui a tourné ses pensées vers l’amour de la science et l’amour de la vérité, et qui a dirigé toutes ses

  1. Cette partie de la doctrine platonicienne a été reprise et développée par le stoïcisme. Voyez Marc-Aurèle, V, 27. Éd. Gataker.