Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/873

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Nous empruntons cette traduction à M. Letronne, Journal des savants , juin, p. 323, article sur les Pensées de Platon, par M. Le Clerc.


Page 116. — Nous devons prier les dieux et les déesses de mettre dans notre bouche des choses qui leur soient agréables à eux avant tout, et ensuite à vous. Bekker , p. 22 : Πάντα ϰατὰ νοῦν ἐϰείνοις μὲν μάλιστα, ἑπομένως δὲ ἡμῖν εἰπεῖν.


Je lis ὑμῖν (humin), au lieu de ἡμῖν (hêmin), avec le manuscrit q et Le Roy ; et, comme ce dernier, j’entends ἑπομένως (hepomenôs) dans le sens de ensuite, consequenter. Le Roy, p. 20 : qu’ils nous donnent grâce de dire choses qui leur soient premièrement agréables, et à vous en après. Ce sens est fort raisonnable : plaire aux Dieux d’abord, ensuite à ceux qui nous écoutent. On ne peut alléguer l’autorité des manuscrits ; car, outre que l’un d’eux donne positivement ὑμῖν (humin), la différence entre les deux leçons est nulle à cause de l’identité de prononciation. Il est vrai que tous les éditeurs et tous les critiques lisent ἡμῖν (hêmin) ; mais ni l’un ni l’autre des deux sens que cette leçon peut suggérer n’est supportable. Entend-on avec Ficin et Lindau : Nobis constemus, d’une manière conforme à nos principes ? Ce n’est guère là un vœu à adresser aux dieux. Entend-on avec Ast : Nobis convenienter, d’une manière digne de nous ? C’est un peu superbe. Ajoutez que, dans ces