Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/999

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que tu m’avais faites et que tu n’a pas plus fidèlement gardées ; mais il serait trop long de les rappeler. Tu as fait vendre tous les biens de Dion sans son consentement, que tu avais promis d’attendre, pour mettre le comble, ô homme admirable, à la vanité de toutes tes promesses, et par une manœuvre aussi déloyale que honteuse, aussi injuste qu’inutile, essayant de m’effrayer comme un homme qui aurait ignoré tout ce qui se passait, afin que je cessasse de réclamer l’envoi [318c] des biens de Dion à leur maître. Enfin, quand après l’exil d’Héraclide qui me parut injuste comme à tous les Syracusains, je me joignis à Théodote et à Eurybe pour te conjurer en sa faveur, saisissant cette occasion comme un excellent prétexte, tu me reprochas de manquer de zèle pour tes intérêts et de n’en montrer que pour Dion, ses parents. et ses amis ; tu ajoutas que malgré l’accusation qui pesait sur Théodote et Héraclide, c’était assez qu’ils fussent les amis de Dion [318d] pour que je m’efforçasse par tous les moyens de leur procurer l’impunité. Voilà quelle part j’ai prise à ton gouvernement. Et faut-il après cela t’étonner si mes dispositions ont changé à ton égard ? J’aurais passé aux yeux des gens sensés pour un homme corrompu, si, ébloui par ta grandeur et ton pouvoir, j’avais trahi un ancien ami, un hôte réduit au malheur par toi seul, et pour tout dire un homme qui ne te le cédait en rien, pour me [318e] ranger du côté de son persécuteur et me soumettre à ses caprices, évidemment sans autre motif que l’attrait de tes richesses ; car personne n’eût attribué mon changement à une autre cause. Tels sont les événements qui, grâce à toi, ont mis entre nous la défiance et la division.

Mais je suis insensiblement arrivé à la seconde partie de mon apologie. [319a] Vois et examine avec soin si dans