Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/132

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EUCLION. Ah ! c’est fait de moi ; on me vole mon or, on cherche la marmite. Je suis mort, si je ne cours bien vite au logis. Apollon, par grâce, protège-moi, secours-moi ; perce de tes flèches ces voleurs de trésors ; déjà tu m’as protégé dans une circonstance semblable. Mais quoi ! je perds mon temps ici au lieu de courir avant que ma ruine soit complète ! (Il entre dans la maison.)



SCÈNE IX. — ANTHRAX, sortant de chez Mégadore.


Dromon, nettoie les poissons ; toi, Machérion, fends le dos à ce congre et à cette lamproie ; et qu’on se dépêche, qu’il ne reste pas un os à mon retour. Je vais demander une tourtière[1] à Congrion, ici, à côté ; quant à toi, si tu as un peu d’esprit, tu me plumeras ce coq aussi ras qu’un pantomime épilé. Mais , que signifient ces cris chez le voisin ? Sans doute les cuisiniers se sont mis à la besogne. Ma foi, je rentre bien vite, pour qu’il n’y ait pas aussi chez nous du vacarme.


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ACTE III.



SCÈNE I. — CONGRION, sortant de chez Euclion.


Chers concitoyens, compatriotes, gens de la ville ou de la banlieue, et vous tous étrangers, faites-moi place, que je me sauve ; que toutes les rues soient libres ! Jamais de ma vie je ne suis venu cuisiner chez un furieux de cette espèce ! Quel bacchanal ! et comme les coups pleuvaient sur mon pauvre dos et sur celui de mes gâte-sauce ! Je suis tout endolori ; je n’en réchapperai pas, tant le vieux drôle s’est escrimé sur moi ! Jamais on n’a fourni le bois plus libéralement ; nous avons eu chacun notre bonne charge, avant d’être jetés dehors. Ah ! ah ! je suis perdu ! malheureux ! notre enragé ouvre la porte, le voilà, il nous poursuit… Je sais ce que j’ai à faire, lui-même me l’a appris.

  1. Pour cuire le pain.