Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/134

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EUCLION. Tu as le front de le demander, coquin, quand vous furetez dans tous les coins de la maison et ouvrez toutes les chambres ? Si tu étais resté près de tes fourneaux, à ton ouvrage, tu n’aurais pas la tête fendue : mais c’est bien fait. Pour que tu sois bien et dûment averti, si tu approches de cette porte sans ma permission, je te secouerai de telle façon que tu serviras d’exemple aux autres. Tu sais à quoi t’en tenir ? Où vas-tu ? Reviens. (Il rentre.)

CONGRION, seul. Par Laverae[1] ma protectrice, si tu ne me fais rendre tous mes ustensiles, je pousserai de beaux cris à ta porte ! Que faire maintenant ? c’est ma mauvaise étoile qui m’a conduit ici. On me paye un écu ; il me faudra donner plus que cela au médecin.


SCÈNE III. — EUCLION, CONGRION.


EUCLION, portant sa marmite. Oui, oui, désormais, partout où j’irai, je la porterai avec moi ; elle ne me quittera plus, et je ne l’exposerai pas à de nouveaux dangers… Entrez tous à présent, marmitons et joueuses de flûte. Amène avec toi, si tu veux, tout un troupeau d’esclaves. Cuisinez, manipulez, trémoussez-vous tant qu’il vous plaira.

CONGRION. Il est bien temps, après que vous avez meurtri toutes les têtes.

EUCLION. Entre, on vous paye pour travailler et non pas pour raisonner.

CONGRION. Oh, oh ! mon vieux bonhomme, je me ferai payer de tous les coups que j’ai reçus. Je me suis loué pour faire la cuisine, pas pour être battu.

EUCLION. Tu peux m’appeler en justice, mais ne m’importune pas davantage. Entre et fais ton devoir, ou détale d’ici et va te pendre.

CONGRION. Allez-y vous-même. (Les cuisiniers rentrent dans la maison.)



SCÈNE IV. — EUCLION.


Le voilà parti… Dieux immortels ! quelle témérité c’est à un pauvre d’avoir quelque affaire avec un homme riche ! Ce Mégadore m’éprouve et me fait pâtir de toutes les manières.

  1. Protectrice des voleurs.