Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/142

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


désert. Nous avons là hors des murs le bois de Silvain ; personne n’y passe, il est tout envahi par les saules ; j’y choisirai une bonne cachette. Mieux vaut se confiera Silvain qu’à la Bonne Foi. (Il sort.)



SCÈNE VIII. — STROBILE.


Bravo ! bravo ! je suis l’enfant gâté des dieux. Je devance le bonhomme, je grimpe sur un arbre, et de là je vois où il cache son or. Mon maître m’avait dît de l’attendre ici ; mais, ma foi, je risque les coups pour une si belle aubaine. (Il sort.)



SCÈNE IX. — LYCONIDE, EUNOMIE, PHÉDRIA.


LYCONIDE. Je vous l’ai dit, ma mère ; vous savez aussi bien que moi mon aventure avec la fille d’Euclion, et maintenant, je vous en supplie, ma bonne- mère, parlez-en à mon oncle : je vous renouvelle les prières que je vous ai adressées tout à l’heure.

EUNOMIE. Tu sais, mon enfant, comme je prends à cœur tout ce que tu désires. J’espère bien faire entendre Raison à mon frère. Ta demande est juste,, d’ailleurs, si, comme tu le dis, dans un moment d’ivresse, tu as fait violence à cette jeune fille.

LYCONIDE. Oserais-je donc mentir en face de vous, ma mère ?

PHÉDRIA, dans la maison. Ah ! chère nourrice, c’est fait de moi ! de grâce, accours, je sens les premières douleurs. Puissante Lucine, protégez-moi.

LYCONIDE. Eh ! ma mère, voilà, je pense, qui vous facilitera les choses. Elle crie, elle accouche.

EUNOMIE. Viens, mon cher enfant, suis-moi chez mon frère» ; je tâcherai d’obtenir ce que tu. veux. {Elle sort.)

LYCONIDE. Allez, ma mère, je vous suis… Je ne comprends pas où peut être ce coquin de Strobile ; je lui avais pourtant ordonné de m’attendre ici. Mais, j’y pense, s’il s’occupe en ce moment de me servir, j’aurais tort de me fâcher. Allons voir ce qui se passe dans ce conseil, où mon sort se décide. (Il sort.)



SCÈNE X. — STROBILE.


Me voilà plus riche, à moi tout seul, que les griffons qui habitent les montagnes d’or ; quant à ces pauvres roitelets, ces