Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/178

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MNÉSILOQUE. Je le voudrais bien.

PHILOXÈNE. Je vous abandonne ce soin. Lydus, suis-moi par ici.

LYDUS. Me voici. Mais il vaudrait mieux me laisser avec Mnésiloque.

PHILOXÈNE. Il suffira bien à l’affaire. Mnésiloque, n’y épargnez rien, et gourmandez comme il faut ce malheureux qui nous déshonore par son inconduite, vous, moi et tous ses amis.



SCÈNE IV. — MNÉSILOQUE.


Lequel des deux m’est le plus cruel, mon ami ou ma maitresse ? je ne saurais le dire. Elle me le préfère ? qu’elle le garde, c’est à merveille. Mais en me trompant elle a cherché du malheur… pour moi. Je consens à ce que désormais nul ne croie à mes serments, si je ne l’aime de l’amour le plus entier et le plus tendre. Je ferai en sorte qu’elle ne puisse pas se vanter d’avoir trouvé en moi une dupe. Oui, je cours à la maison… je déroberai quelque argent à mon père. Je le lui donnerai ; je me vengerai d’elle de toutes les manières : enfin je la pousserai… jusqu’à réduire mon père à la mendicité. En vérité, suis-je dans mon bon sens, de venir déblatérer de la sorte et bâtir des projets pour l’avenir ? J’aime, et j’aime avec ardeur ; c’est la seule chose dont je sois certain. Mais plutôt que de l’enrichir d’une rognure de plume, j’aimerais mieux surpasser en gueuserie le plus gueux des mendiants. Non certes, elle ne se raillera pas de moi ; et d’abord, je vais rendre tout l’argent à mon père. Quand j’aurai les mains et les poches vides, elle viendra me cajoler ; mais elle ferait tout aussi bien d’aller caresser un mort sous son linceul. Oui, plutôt qu’elle tire jamais de moi un fétu, j’aimerais mieux périr de peine et de misère. Voilà qui est résolu, je rends l’argent à mon père. En même temps, je le supplierai de ne pas punir Chrysale à cause de moi, de ne pas se fâcher du tour qu’il lui a joué à propos de cet argent. Il est juste que je défende ce pauvre garçon ; car, s’il a menti, c’était pour m’obliger. (Aux esclaves qui portent ses bagages.) Allons, qu’on me suive.



SCÈNE V. — PISTOCLÈRE, sortant de chez Bacchis.


Oui, chère Bacchis, votre commission sera faite avant tout ; je vais chercher Mnésiloque et je le ramène avec moi… En vérité,