Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/190

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de l’âge, en pleine possession de leur vigueur, de leur intelligence et de leur sagesse. Si une divinité avait pris en affection ce pauvre homme, il y a plus de dix ans, plus de vingt ans qu’il aurait dû mourir. C’est un fardeau pour la terre que foule son pied ; plus de jugement ; plus d’esprit ; plus de sentiment : il ne vaut ni plus ni moins qu’un champignon pourri.

NICOBULE. Ah ! tu oses dire que je suis un fardeau pour la terre ? emmenez-le au logis et attachez-le à une colonne, fort et ferme. Tu n’emporteras pas mon or.

CHRYSALE. Dans un moment, vous me le donnerez vous-même.

NICOBULE. Je te le donnerai ?

CHRYSALE. Et vous me prierez de l’emporter, quand vous saurez au bord de quel précipice est mon accusateur. Alors on voudra donner la liberté à Chrysale ; mais moi je ne l’accepterai pas.

NICOBULE. Parle, scélérat ; dis à l’instant quel danger court mon fils.

CHRYSALE. Suivez-moi, et vous le saurez bien vite.

NICOBULE. Où cela ?

CHRYSALE. À trois pas d’ici.

NICOBULE. À dix s’il le faut.

CHRYSALE. Eh ! Artamon, entr’ouvre un peu cette porte… là, doucement, sans faire de bruit. C’est bien. (A Nicobule.) Avancez. Voyez-vous les convives ?

NICOBULE. Je vois en face de moi Pistoclêre et Bacchis.

CHRYSALE. Et sur l’autre lit, là-bas ?

NICOBULE. Ah ! malheureux, c’est fait de moi.

CHRYSALE. Reconnaissez-vous le galant ?

NICOBULE. Oui.

CHRYSALE. Et la femme, dites-moi, vous parait-elle jolie ?

NICOBULE. Que trop.

CHRYSALE. Eh bien ! croyez*vous que ce soit une courtisane ?

NICOBULE. Belle demande !

CHRYSALE. Vous vous trompez.

NICOBULE. Qu’est-ce donc ?

CHRYSALE. Cherchez. Je ne vous dirai rien de plus.