Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/248

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STALAGME. En Élide, à Théodoromède Polyplusius, six mines.

HÉGION. Dieux immortels ! mais c’est le père de Philocrate !

STALAGME. Je le connais mieux que je ne vous connais vous-même, je l’ai vu assez souvent.

HÉGION. Ah ! puissant Jupiter, sauve-moi, sauve mon enfant… Philocrate, de grâce, par votre bon génie, je vous en prie, sortez, j’ai à vous parler.


SCÈNE III. — PHILOCRATE, HÉGION, STALAGME.


PHILOCRATE. Me voici, Hégion, et tout à vos ordres.

HÉGION. Ce coquin dit qu’il a vendu mon fils à votre père, en Élide, six mines.

PHILOCRATE. Combien y a-t-il de cela ?

STALAGME. Nous entrons dans la vingtième année.

PHILOCRATE. Il ment.

STALAGME. C’est l’un de nous deux. Vous étiez tout enfant, et votre père vous fit cadeau du petit esclave, qui avait quatre ans alors.

PHILOCRATE. Comment s’appelait-il ? dis-le-moi, si tu ne mens point.

STALAGME. On le nommait Pégnie ; vous l’avez ensuite appelé Tyndare.

PHILOCRATE. Comment se fait-il que je ne te reconnaisse pas ?

STALAGME. On oublie, on méconnaît volontiers ceux de qui l’on n’a rien à attendre.

PHILOCRATE. Dis-moi : cet enfant que l’on m’a donné en propre, c’était celui que tu vendis à mon père ?

STALAGME. Oui, et le fils d’Hégion.

HÉGION. Est-il encore vivant ?

STALAGME. J’ai reçu l’argent, et ne me suis pas inquiété du reste.

HÉGION, à Philocrate. Vous ne dites rien ?

PHILOCRATE. Je dis que Tyndare est votre fils, d’après les renseignements qu’il nous donne ; nous étions enfants tous deux, et il a été élevé avec moi, sagement et chastement, jusqu’à l’adolescence.

HÉGION. Je suis heureux et malheureux à la fois, si vous dites vrai ; malheureux de l’avoir maltraité, si c’est mon fils. Hélas ! pourquoi lui ai-je fait plus de mal et moins de bien que