Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/267

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OLYMPION. Le sang lui bout, elle est toute gonflée de colère.

STALINON. Par Pollux, je voudrais de bon cœur qu’elle en crevât.

OLYMPION. C’est chose faite, si vous êtes un brave homme. Mais, sur ma foi, vos amours me font bien du mal : j’ai sur les bras votre femme, votre fils, et tous les gens de la maison.

STALINON. Eh ! que t’importe ? Pourvu que ton Jupiter te soit favorable, ne t’inquiète pas des dieux subalternes.

OLYMPION. C’est bel et bon, mais vous n’ignorez pas que la mort a bientôt fait de trousser les Jupiters d’ici-bas. Et après tout, si vous mourez, tout Jupiter que vous êtes, et si votre sceptre passe à ces petits dieux, qui protégera mon dos, et ma tête, et mes jambes ?

STALINON. Ah ! tu seras plus heureux que tu ne penses, si nous obtenons que je puisse coucher avec Casina.

OLYMPION. Je doute fort que cela se puisse, tant votre femme s’acharne à m’empêcher de l’épouser.

STALINON. Eh bien, voici ce que je ferai : je jetterai des sorts dans l’urne et je tirerai pour Chalinus et pour toi. Au point où en sont les choses, il faut mettre l’épée hors du fourreau.

OLYMPION. Et si le sort prononce contre vous ?

STALINON. Point de fâcheux augure. J’ai placé ma confiance dans les dieux, espérons en eux.

OLYMPION. Voilà une parole dont je ne donnerais pas un fétu. Tous les hommes placent leur confiance dans les dieux, mais j’ai vu plus d’une fois cette confiance trompée.

STALINON. Tais-toi un peu.

OLYMPION. Qu’est-ce ?

STALINON. Voici Chalinus avec l’urne et les sorts. Nous allons livrer bataille rangée.


SCÈNE VI. — CLÉOSTRATE, CHALINUS, STALINON, OLYMPION.

CLÉOSTRATE. Apprends-moi, Chalinus, ce que me veut mon mari.

CHALINUS. Par Pollux ! il voudrait vous voir sur un bûcher ardent, hors de la porte Métia[1].

  1. La porte Métia ou porte Esquiline était une porte de Rome hors de laquelle on brûlait les corps des pauvres et on pendait les criminels.