Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/307

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je n’extermine tout, à moins que tu ne me la rendes. J’ai dit : adieu. (Il sort.)

MÉLÉNIS. Il rentre tout en colère. Que faire à présent ? Si je la lui renvoie, nous en serons toujours au même point ; dès qu’il en aura assez, il la mettra dehors pour épouser sa Lemnienne. Pourtant je veux le suivre ; il faut prendre garde qu’il ne fasse un coup de désespoir. Enfin, puisque la loi n’est pas égale pour le pauvre et pour le riche, j’aime mieux perdre ma peine que ma fille. Mais quel est cet homme, qui s’en vient droit ici, tout courant, et traverse la place ? L’autre m’épouvante, celui-ci m’effraye ; tout me fait peur. (Elle s’éloigne.)


SCÈNE II. - LAMPADION.

J’ai poursuivi la vieille en criant tout le long des rues ; je l’ai mise aux abois ! Mais comme elle a su se tenir ! comme elle paraissait ne se souvenir de rien ! Et moi, que de caresses, que de belles promesses ! que de ruses et de stratagèmes ! Enfin avec toutes mes questions j’ai fini par lui arracher un mot, mais en lui promettant un quartaut de vin.


SCÈNE III. — PHANOSTRATE, LAMPADION, MÉLÉNIS, à l’écart.

PHANOSTRATE. J’ai cru entendre à la porte la voix de mon esclave Lampadion.

LAMPADION. Vous n’êtes pas sourde, maîtresse ; vous avez bien entendu.

PHANOSTRATE. Que fais-tu là ?

LAMPADION. Je viens vous réjouir le cœur.

PHANOSTRATE. De quoi s’agit-il ?

LAMPADION. Tout à l’heure, j’ai vu sortir de cette maison une femme.

PHANOSTRATE. Celle qui a pris ma fille ?

LAMPADION. Vous y êtes.

PHANOSTRATE. Eh bien ?

LAMPADION. Je lui dis comment je l’avais vue prendre à l’hippodrome la fille de mes maîtres.

PHANOSTRATE. Elle s’est effrayée ?

MÉLÉNIS, à part. Je frissonne, le cœur me bat d’une force ! Oui, je me le rappelle, c’est de l’hippodrome qu’on m’a apporté la petite fille dont je me suis supposée la mère.