Page:Plotin - Ennéades, t. III.djvu/138

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


la dyade, elle n’est d’ailleurs ni chacune des unités qui constituent la dyade, ni l’une d’elles seulement : car, pourquoi serait-elle l’une plutôt que l’autre ? Si donc la monade n’est aucune des deux unités qui constituent la dyade, elle leur est supérieure, et, tout en demeurant en elle-même, elle paraît ne pas y demeurer. Comment donc ces unités sont-elles autres que la monade ? Comment la dyade est-elle une, et l’unité qu’elle forme est-elle la même que celle qui est contenue dans chacune des deux unités qui la constituent ? Les unités [qui constituent la dyade] participent de l’unité première, mais en diffèrent. La dyade, en tant qu’elle est une, participe aussi de l’unité, mais de manières diverses : car une maison et une armée ne sont pas deux unités pareilles ; c’est ainsi que la dyade, dans son rapport au continu, n’est pas la même en tant qu’elle est une et en tant qu’elle est une quantité une. Les unités contenues dans la pentade sont-elles donc dans un autre rapport avec l’un que les unités contenues dans la décade ? Si, quand on compare un petit navire à un grand, une ville à une autre, une armée à une autre, l’unité est la même, elle sera aussi la même dans ces nombres ; si elle n’est pas la même dans le premier cas, elle n’est pas non plus la même dans le second. S’il reste encore quelques questions à résoudre sur ce sujet, nous les examinerons dans la suite.

V. Revenons maintenant à l’assertion que nous avons émise plus haut, à savoir que le Premier reste toujours identique, quoique les autres êtres naissent de lui. La génération des nombres s’explique par l’immanence de l’unité et l’action d’un autre principe qui les forme à l’image de l’unité. À plus forte raison, le principe supérieur aux êtres est l’unité immanente ; seulement ici, ce n’est pas un autre principe qui produit les êtres à l’image du Premier pendant que celui-ci demeure en lui-même, c’est le Premier lui-même qui engendre les êtres. De même que la forme de l’unité, qui est le principe des nombres, existe dans tous à