Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 13.djvu/55

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ce pas de ce même lieu, lui dit a Crassus, que vous avez, il y a peu de jours, publié mes louanges ? - Oui, répliqua Cicéron, je voulais essayer mon talent sur un sujet ingrat. » Dans une autre occasion, Crassus avait dit que personne, dans sa famille, n'avait vécu plus de soixante ans ; mais ensuite il se rétracta. « À quoi pensais-je, dit-il, quand j'ai avancé un tel fait ? - Vous saviez, lui dit Cicéron, que les Romains l'entendraient avec plaisir, et vous vouliez leur faire la cour. » Ce même Crassus ayant dit qu'il aimait fort cette maxime des stoïciens, que le sage est riche : «Prenez garde, lui dit Cicéron, que vous n'aimiez plutôt cette autre maxime des mêmes philosophes, que tout appartient au sage : » c'est que Crassus était fort décrié pour son avarice. Un des fils de Crassus ressemblait tellement à un certain Axius, qu'on en conçut contre sa mère des soupçons désavantageux. Ce jeune homme ayant été fort applaudi pour un discours qu'il avait fait dans le sénat, on demanda à Cicéron ce qu'il en pensait. «Il est digne de Crassus, » répondit-il.