Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 13.djvu/68

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Vibius, à qui Cicéron avait donné de fréquentes marques d'amitié, et qu'il avait fait nommer, pendant son consulat, à la charge d'intendant des ouvriers, lui refusa sa maison, et lui offrit une retraite dans sa terre. Caïus Virginius, préteur de Sicile, qui avait aussi de grandes obligations à Cicéron, lui écrivit de ne pas venir dans sa province. Affligé de ces traits d'ingratitude, il se rendit à Brunduse, d'où il s'embarqua pour Dyrrachium par un vent favorable ; mais il était à peine en pleine mer, qu'il s'éleva un vent contraire qui, le lendemain, le reporta au lieu même d'où il était parti. Il se remit bientôt en mer ; et en arrivant à Dyrrachium, comme il était sur le point de débarquer, il survint tout à coup un tremblement de terre qui fit retirer les eaux de la mer. Les devins conjecturèrent que son exil ne serait pas long, ces sortes de signes présageant toujours un changement favorable.

Pendant son séjour à Dyrrachium, il fut visité par une foule de personnes qui lui témoignèrent le plus vif intérêt ; et les villes grecques disputèrent d'empressement à lui rendre plus d'honneurs. Mais, toutes ces marques d'affection ne purent ni lui rendre son courage, ni dissiper sa tristesse. Semblable à un amant malheureux,