Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 13.djvu/69

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il tournait sans cesse ses regards vers l'Italie. Humilié, abattu par son infortune, il montra beaucoup plus de faiblesse et de pusillanimité qu'on n'en devait attendre d'un homme qui avait passé toute sa vie à s'instruire ; car souvent il priait ses amis de ne pas l'appeler orateur, mais philosophe, parce qu'il s'était attaché à la philosophie comme au but de toutes ses actions ; et l'éloquence n'était pour lui que l'instrument de sa politique. Mais l'opinion n'a que trop de pouvoir pour effacer de notre âme les impressions de la raison, comme une teinture qui n'a pas pénétré dans l'étoffe s'altère aisément.

L'habitude de traiter avec le peuple dans les affaires du gouvernement nous fait adopter les passions du vulgaire. On ne peut éviter leur influence que par une attention continuelle sur soi-même, en communiquant avec les personnes du dehors, que par le talent de participer aux affaires, sans partager les passions qui s'y mêlent.

XXXIII. Clodius, après avoir fait bannir Cicéron, brûla ses maisons de campagne et sa maison de Rome, sur le sol de laquelle il éleva le temple de la Liberté. Il mit en vente tous ses biens, et les faisait crier tous les jours, sans qu'il se présentât personne pour les acheter. Devenu, par ses violences, redoutable à tous les nobles,