Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 13.djvu/83

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toujours par sa faute. Il répudia d'abord sa femme Térentia, à qui il reprochait une telle négligence pendant la guerre civile qu'elle l'avait laissé manquer des choses les plus nécessaires, et qu'à son retour en Italie il n'avait reçu d'elle aucune marque d'affection ; car elle n'était pas même venue le trouver à Brunduse, où il avait fait un long séjour ; et lorsque sa fille Tullia, qui était encore dans sa première jeunesse, avait été le joindre à Brunduse, sa mère ne lui avait donné ni une suite convenable, ni les provisions nécessaires pour un si long voyage ; elle avait enfin laissé sa maison dans un entier dénuement, et chargée de plusieurs dettes considérables. Tels sont les prétextes les plus honnêtes qu'il donna de son divorce. Térentia soutenait qu'ils étaient faux ; et Cicéron lui-même, il faut l'avouer, lui donna un grand moyen de justification en épousant, peu de temps après, une jeune personne, séduit par sa beauté, à ce que disait Térentia ; et suivant Tiron, l'affranchi de Cicéron, à cause de ses richesses, qu'il devait faire servir à payer ses dettes. Cette fille avait en effet de très grands biens ; et son père, en mourant, les avait laissés à Cicéron en fidéi-commis pour les lui rendre à sa majorité : mais comme il devait beaucoup, il se laissa