Page:Poincaré - La Théorie de Lorentz et le principe de réaction.djvu/19

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sera de l’énergie mécanique employée à rapprocher les courants particulaires d’une orientation commune perpendiculaire au champ, à l’encontre de la force élastique qui tend à ramener ces courants à l’orientation d’équilibre qu’ils reprennent en l’absence de champ magnétique.

On pourrait alors appliquer à ces milieux une analyse, tout à fait pareille à celle qui précède, et où l’énergie mécanique , jouerait le même rôle que jouait l’énergie mécanique dans le cas des diélectriques. On reconnaîtrait ainsi que s’il existait des milieux magnétiques non diélectriques (je veux dire dont le pouvoir diélectrique serait le même que celui du vide), la matière de ces milieux subirait une action mécanique par suite du passage des ondes de telle sorte que le recul des appareils producteurs serait en partie compensé par les mouvements de ces milieux, comme il l’est par ceux des diélectriques.

Pour sortir de ce cas que la nature ne réalise pas, supposons un milieu à la fois diélectrique et magnétique, la fraction du recul compensée par le mouvement du milieu sera plus forte que pour un milieu non magnétique de même pouvoir diélectrique.


§ 3.

Pourquoi le principe de réaction s’impose-t-il à notre esprit ? Il importe de s’en rendre compte, afin de voir si les paradoxes qui précédent peuvent être réellement considérés comme une objection à la théorie de Lorentz.

Si ce principe, dans la plupart des cas, s’impose à nous, c’est que sa négation conduirait au mouvement perpétuel ; en est-il de même ici ?

Soient et deux corps quelconques, agissant l’un sur l’autre, mais soustraits à toute action extérieure ; si l’action de l’un n’était pas égale à la réaction de l’autre, on pourrait les attacher l’un à l’autre par une tringle de longueur invariable de façon qu’ils se comportent comme un seul corps solide. Les forces appliquées à ce solide ne se faisant pas équilibre, le système se mettrait en mouvement et ce mouvement irait sans cesse en s’accélérant, à une condition toutefois, c’est que l’action mutuelle des deux corps ne dépende que de leur position relative et de leur vitesse relative, mais soit indépendante de leur position absolue et de leur vitesse absolue.

Plus généralement, soit un système conservatif quelconque, son