Page:Poincaré - Thermodynamique (ed. 1908).djvu/22

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Mais, pour qu'une vérité apparaisse ainsi à des savants travaillant isolément, et ce fait n'est pas rare dans l'histoire de la Science, il est nécessaire que les esprits s'y trouvent naturellement préparés. Aussi ne peut-on séparer l'exposé du principe de Mayer de celui du mouvement scientifique qui a précédé sa découverte.

2. L'impossibilité du mouvement perpétuel

Les premières traces de l'idée de la conservation de l'énergie remontent très loin.

De tout temps la découverte du mouvement perpétuel a été le but de bien des recherches. Galilée, s'inspirant des conditions de fonctionnement des machines simples, affirma le premier l'impossibilité d'un tel mouvement.

Prenons un treuil, par exemple. Soit la force agissant sur la corde qui s'enroule sur le cylindre, de rayon , du treuil. Nous pouvons lui faire équilibre en appliquant à la manivelle une force plus petite, , étant le rayon de la circonférence décrite par le bouton de la manivelle. Si la machine est animée d'un mouvement uniforme, ces deux forces, la résistance et la puissance, sont encore dans le même rapport. Nous pouvons donc avec une force donnée faire monter un corps dont le poids est à cette force dans un rapport , plus grand que l'unité. Mais, si nous multiplions la force, nous ne créons pas de travail, car la vitesse du point d'application de la résistance est à celle du point d'application de la puissance dans le rapport , inverse du