Page:Poincaré - Thermodynamique (ed. 1908).djvu/9

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Mais ce ne sont là que de petites raisons ; pour ériger la loi de Mayer en principe absolu, il faudrait une discussion plus approfondie. Mais, si l’on essaye de la faire, on voit que ce principe absolu n’est même pas facile à énoncer.

Dans chaque cas particulier on voit bien ce que c’est que l’énergie et l’on en peut donner une définition au moins provisoire ; mais il est impossible d’en trouver une définition générale.

Si l’on veut énoncer le principe dans toute sa généralité et en l’appliquant à l’Univers, on le voit pour ainsi dire s’évanouir et il ne reste plus que ceci : Il y a quelque chose qui demeure constant.

Mais cela même a-t-il un sens ? Dans l’hypothèse déterministe, l’état de l’Univers est déterminé par un nombre excessivement grand de paramètres que j’appellerai , , ..., . Dès que l’on connaît à un instant quelconque les valeurs de ces paramètres, on connaît également leurs dérivées par rapport au temps et l’on peut calculer par conséquent les valeurs de ces mêmes paramètres à un instant antérieur ou ultérieur. En d’autres termes, ces paramètres satisfont à équations différentielles de la forme