Page:Ponchon - La Muse au cabaret, 1920.djvu/49

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Serons-nous donc carbonisés,
Au contact de cette comète,
Consumés, volatilisés,
Ni plus ni moins qu’une allumette ?…

On en voit qui, mourant d’effroi,
Ne vivent plus que dans leurs caves.
Après tout, c’est un bon endroit,
Qui plaît aussi bien aux plus braves.

J’en sais qui font leur testament.
Voilà que je comprends moins, puisque,
S’il arrive un chambardement,
Nous courons tous le même risque.

À quoi bon se mettre en souci ?
Si notre misérable monde
Doit disparaître ces jours-ci,
Ce sera fait dans la seconde.

J’aime mieux périr par le feu,
D’ailleurs, que par l’eau. Sale affaire,
Qu’un déluge ! Songez un peu
Que d’eau ça mettrait dans mon verre !

Enfin, je suis tout résigné.
Pourvu que j’aie, en quelque sorte,
Le temps de prendre le « dernier » …
Cette comète ne m’importe.