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XXXII
POSTFACE

ouvrage sérieux, de reproduire des filiations remontant à une époque ou l’hérédité des noms n’était même point encore établie[1].

Aux pièces justificatives annoncées, nous avons joint les listes, la plupart inédites, des chevaliers de l’Hermine, de Saint-Michel et du Saint-Esprit, celles des grands-croix et commandeurs de Saint-Louis et celles des gouverneurs et intendants de Bretagne, qu’on sera bien aise de trouver dans notre recueil. Quant aux listes d’évêques et d’abbés, comme elles sont insérées dans plusieurs catalogues spéciaux qu’on peut facilement consulter[2], nous avons pensé qu’ayant mentionné, à l’article de chaque famille, les évêques ou abbés qu’elle avait pu donner à l’Église de Bretagne, il devenait inutile de reproduire ces noms rangés par sièges épiscopaux ou abbatiaux, à l’exception toutefois des familles bretonnes qui ont fourni des dignitaires ecclésiastiques hors de la province. Cette dernière liste, nous l’avons rédigée sur la Gallia christiana et les diverses éditions de la France ecclésiastique, et elle voit le jour pour la première fois.

On s’occupe aujourd’hui de publier les rôles des gentilshommes convoqués dans les différents bailliages pour l’élection aux États généraux de 1789. On veut obtenir ainsi une statistique de la noblesse à cette époque ; on se propose même de lui donner un caractère officiel en vue de la loi du 28 mai 1858. Nous ne pensons pas qu’on arrive de la sorte à dresser un état complet de la noblesse, parce qu’il n’y eut de convoqués que les gentilshommes majeurs et possédant des fiefs nobles, ce qui implique beaucoup d’exclusions. Ces listes n’en conservent pas moins une grande valeur ; mais elles n’existent pas pour la Bretagne à la suite des procès-verbaux des ordres du clergé et de la noblesse réunis à Saint-Brieuc en avril 1789. Pour y suppléer, nous publions les noms de toutes les familles qui ont eu des représentants dans l’ordre de la noblesse, aux assises des États de la province depuis 1736, en citant la date de la plus ancienne tenue à laquelle un membre de chaque famille a assisté. Jusqu’à cette époque il suffisait aux gentilshommes, appelés ou non par lettres du Roi, d’être originaires de la province ou d’y posséder des biens pour se présenter à ces assemblées. Mais une déclaration du Roi du 26 juin 1736 prescrivit que nul à l’avenir n’aurait entrée et voix délibérative dans l’ordre de la noblesse, avant l’âge de vingt-cinq ans accomplis et sans justifier de cent ans de noblesse au moins, à peine contre les contrevenants d’être exclus de l’assemblée et d’avoir leurs noms rayés sur les registres. La même déclaration enjoignait aux commissaires des États de tenir la main à cette double obligation, par la représentation des extraits baptistaires « et des titres de ceux qu’ils estimeraient être dans ce cas. »

Il semblerait donc que la preuve la plus irrécusable d’extraction noble devrait être d’avoir été admis aux délibérations de l’ordre de la noblesse à partir de 1736. Mais il parait que les commissaires ne se montrèrent pas constamment sévères dans leurs enquêtes, car on remarque qu’il se glissa à diverses tenues quelques membres, peu nombreux, il est vrai, appartenant à des familles déboutées à la

  1. Voir ci-après notre dissertation sur l’Origine et la formation des noms de famille.
  2. Conférez principalement ; L’Église de Bretagne ou Histoire des Sièges Episcopaux, Collégiales et Abbayes de cette province, publiée d’après les matériaux de D. Morice et continuée par l’abbé Tresvaux. In-8º, Paris, Méquignon junior, 1839.