Page:Potocki - Dix journées de la vie d’Alphonse Van-Worden, 1-3.djvu/283

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il vous donnera plus de satisfaction que celui que je vous fais.

» Il est peu d’hommes qui ne puissent compter de beaux jours ; mais je ne sais s’il y en a qui peuvent compter de belles années. Mon bonheur à moi ne dura pas un an entier. Les braves de la troupe étoient très honnêtes entr’eux. Nul n’auroit osé jeter les yeux sur la maîtresse de son camarade, et moins encore sur la mienne. La jalousie étoit donc bannie de notre isle, ou plutôt elle n’en étoit qu’exilée pour un temps ; car cette furie ne retrouve que trop aisément le chemin des lieux qu’habite l’amour.

» Un jeune bandit, appelé Antonino, devint amoureux de Sylvia ;