Page:Potocki - Dix journées de la vie d’Alphonse Van-Worden, 1-3.djvu/284

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et sa passion étoit si forte, qu’il ne pouvoit la cacher. Je m’en aperçus moi-même ; mais le voyant fort triste, je jugeai que ma maîtresse n’y répondoit pas, et j’étois tranquille. Seulement j’aurois voulu guérir Antonino, que j’aimois, à cause de sa valeur. Il y avoit dans la troupe un autre bandit, appelé Moro, que je détestois, au contraire, à cause de sa lâcheté ; et si Testa-Lunga m’en avoit cru, il l’auroit dès longtems chassé.

» Moro sut gagner la confiance du jeune Antonino, et lui promit de servir son amour. Il sut aussi se faire écouter de Sylvia, et lui fit accroire que j’avois une maîtresse dans un village voisin. Sylvia craignit de s’expliquer avec moi ; elle