Page:Potocki - Dix journées de la vie d’Alphonse Van-Worden, 1-3.djvu/289

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et je ne sais que vous en dire. Cependant il est certain qu’il m’est arrivé plusieurs fois de passer près du gibet pendant la nuit, et lorsqu’il y avoit clair de lune, j’ai bien vu que les deux pendus n’y étoient point ; et le matin ils y étoient de nouveau.

» Voilà, mes chers maîtres, le récit que vous m’avez demandé. Je crois que mes deux frères, dont la vie n’a pas été aussi sauvage, auroient des choses plus intéressantes à vous dire ; mais ils n’en auront pas le temps, car notre embarquement est prêt, et j’ai des ordres positifs pour qu’il ait lieu demain matin. »

Zoto se retira, et la belle Emina s’écria, avec l’accent de la douleur : « Cet homme avoit bien raison, le temps