Page:Potocki - Dix journées de la vie d’Alphonse Van-Worden, 1-3.djvu/367

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miroir, où j’allois me contempler dès que j’étois levée, et même au saut du lit. Ma gouvernante, déshabillée comme moi, venoit s’y mirer aussi, et je m’amusois à comparer ma figure à la sienne. Je me livrois encore à cet amusement avant de me coucher, et lorsque ma gouvernante étoit déjà endormie. Quelquefois je m’imaginois voir dans mon miroir une compagne de mon âge, qui répondoit à mes gestes et partageoit mes sentimens. Plus je me livrois à cette illusion, et plus le jeu m’en plaisoit.

» Je vous ai dit qu’il y avoit un monsieur qui venoit tous les ans, une fois, pour me prendre par le men-