Page:Potocki - Dix journées de la vie d’Alphonse Van-Worden, 1-3.djvu/404

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conservoit encore, rendoit ce repas moins dégoûtant ; mais les petits oursons vinrent me le disputer. Imaginez Alphonse, une fille de seize ans, qui n’avoit jamais quitté les lieux de sa naissance, et dans cette situation ; j’avois en main des armes terribles ; mais je ne m’en étois jamais servie, et la moindre inattention pouvoit les tourner contre moi.

» Cependant l’herbe se desséchoit sous mes pas, l’air se chargeoit d’une vapeur enflammée, et les oiseaux expiroient au milieu de leur vol. Je jugeai que les démons avertis commençoient à se rassembler. Un arbre s’alluma de lui-mème ; il en sortit des tourbillons de fumée,