Page:Potocki - Dix journées de la vie d’Alphonse Van-Worden, 1-3.djvu/429

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
( 117 )

prochèrent un chaise, remplirent mon assiette et mon verre, et se mirent à chanter, en s’accompagnant d’un théorbe, dont ils jouoient tour-à-tour.

» Leurs manières libres avoient quelque chose de communicatif. Ils ne faisoient point de façons, je n’en fis point. J’avois faim, je mangeai. Il n’y avoit point d’eau, je bus du vin. Il me prit envie de chanter avec les jeunes Turcs, qui parurent charmés de m’entendre. Je chantai une seguedille espagnole. Ils répondirent sur les mêmes rimes. Je leur demandai où ils avoient appris l’espagnol.

» L’un d’eux me répondit : « Nous sommes nés en Morée, et marins