Page:Potvin - Le tour du Saguenay, historique, légendaire et descriptif, 1920.djvu/158

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le tour du saguenay

Chaque province de notre pays a son orgueil national qui consiste en un sommet à la hauteur duquel aucun autre pays ne peut s’élever ; l’Ouest a son blé, l’Ontario a ses viandes, Québec a ses érables, les provinces maritimes ont leurs huîtres. Plus spécialement, chaque région de notre province en particulier, a son orgueil : L’Islet et Kamouraska ont leurs prunes, Charlevoix a ses volailles, l’Île d’Orléans a son fromage raffiné et ses fraises, la Beauce a son sucre, etc.

Le lac Saint-Jean et le Saguenay ont leurs ouananiches, leurs bluets et leurs gourganes.

Les gens de New-York et de Chicago connaissent maintenant tout aussi bien que ceux du Lac-Saint-Jean, la délicieuse ouananiche ; ceux de Québec et de Montréal ont savouré maintes fois les beaux bluets du Lac-Saint-Jean ; quant aux gourganes, moins connues, leur culture s’étend davantage dans les autres districts de la province et l’on peut leur prédire un bel avenir de popularité.

Évidemment on ne peut pas dire que la gourgane est une production cosmopolite que les peuples se sont disputés en se basant sur leur civilisation plus ou moins intensive. On ne parle aucunement du triomphe de la gourgane à Athènes, sous Aristide surnommé le Juste et l’on ne peut dire, même en nous basant sur les minuties de l’histoire qu’elle s’est épanouie aux grands jours de l’empire romain. Juvénal, qui sillonna le visage des affranchis puissants et marqua de son fouet les épaules nues de Messaline, n’a pas chanté la gourgane dans ses satyres. Au Moyen-Age, on est muet comme des carpes au sujet de la gourgane et les historiens du second empire sont de marbre là-dessus.