Page:Pradez - La Revanche du Passé, 1900.djvu/12

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qu’elle considérait le stérile coin de terre fermé de clôtures, des quelques émotions fugitives qu’elle avait eues là pendant cette période de vie de dix-sept années. Lorsque le brûlant soleil d’été forçait les fenêtres sales à s’ouvrir là-haut, un échange de paroles aiguës et brutales étaient, deux ou trois fois, parvenu jusqu’à elle. Effrayée, elle était rentrée en courant se réfugier à la cuisine, où Gertrude polissait et repolissait sans cesse la maigre batterie de cuisine de Mme Georges.

Mais elle ne trouvait auprès de cette femme aucun encouragement à s’épancher ; de tout temps l’âme de Gertrude était restée obstinément fermée à ses confidences.

Entre la petite fille et la servante d’âge mûr il y avait toujours eu une étrange absence de sympathie, et, bien que l’enfant, depuis que ses yeux s’étaient ouverts à la lumière, eût toujours vu rôder cette femme dans la maison, elle avait gardé vis-à-vis d’elle une attitude timide, presque craintive.

Une fois de plus, avant de quitter pour