Page:Pradez - La Revanche du Passé, 1900.djvu/14

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En même temps, elle prit entre ses mains la tête brune au front lisse, et elle interrogea de tout près le visage expressif ; mais il ne trahissait rien que la fatigue d’une trop rapide croissance, une excessive langueur, qui allait pourtant s’améliorant.

Elle tint ce visage tourné vers elle jusqu’à ce qu’elle eût rencontré le regard qui, souvent, semblait fuir le sien.

— Oh ! non ! dit Élisabeth avec conviction. Moi ! regretter quelque chose ici ? Quoi donc ? Oh ! non !

— Tu y étais donc malheureuse sans me le dire, interrogea la mère anxieuse, pressante.

Ne recevant pas de réponse, elle ajouta un peu sourdement :

— Est-ce que tu me cacherais quelque chose, Élisabeth ?

Élisabeth hésita un instant très court, l’espace d’une seconde à peine. Mais, quand elle l’aurait pu, elle n’aurait pas voulu expliquer à sa mère l’incompréhensible malaise qui