Page:Pradez - La Revanche du Passé, 1900.djvu/28

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— N’est-ce pas que nous serons bien ici, quand le soleil entrera par les deux fenêtres ? Nous aurons de l’air et de la lumière. Tu verras comme ce sera gai.

Élisabeth acquiesça de la tête avec un sourire, puis elle demanda :

— Est-ce que tu seras toujours, toujours dehors comme autrefois ?

Mme Georges se leva vivement. Elle sentait une émotion la prendre à la gorge :

— Non, dit-elle enfin, d’une voix mal affermie, non. Nous ne sommes plus si pauvres qu’autrefois.

Et elle ajouta après un court silence :

— Il vaut mieux que tu le saches tout de suite, Élisabeth. En mourant ta grand’mère nous a laissé l’aisance. Il faut chérir sa mémoire, mon enfant.

Et elle s’éloigna sans oser regarder Élisabeth. Jamais encore elle n’avait prononcé devant elle des paroles où le passé prît une consistance si nette, si proche, et il lui semblait que la clairvoyance inquiète de la jeune