Page:Pradez - La Revanche du Passé, 1900.djvu/42

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vers la nouvelle demeure des dames Georges, Mme Musseau éprouvait pour la première fois une vague inquiétude au sujet de l’avenir.

Pourquoi Mme Georges n’avait-elle pas réclamé ses services depuis son changement de domicile ? Elle se disait avec effroi que, quoiqu’elle fît pour conserver son emploi auprès d’Élisabelh, cette grande fille maigre, qui la dépassait de toute une tête, échapperait bientôt à sa tutelle.

Au premier coup d’œil, en pénétrant dans le nouvel appartement des dames Georges, elle saisit les améliorations du mobilier, la grande glace, les mille riens qui trahissent la présence de l’argent. Et apercevant Elisabeth très pâle dans sa robe noire, elle s’écria :

— En grand deuil, mais de qui donc, mon enfant ?

En même temps, elle fixa son petit œil brillant sur la figure souffreteuse et expressive.

Élisabeth hésita, puis elle dit, rapidement.

— De ma grand’mère. Je ne l’ai pas