Page:Pradez - La Revanche du Passé, 1900.djvu/44

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beth au sujet du passé. Elle huma un moment l’atmosphère de bien-être qui s’échappait des choses, puis elle se leva en disant :

— Ce jardin en face de vos fenêtres, comme c’est gai ! Il y a au-dessus du mur un seringa qui embaume au printemps.

Et comme l’heure sonnait, elle regarda la pendule posée sur la cheminée et écouta, attentive, frapper les onze coups. Le timbre grêle et argentin lui était étranger. Beaucoup d’heures mortes et mystérieuses avaient été annoncées ailleurs par ce son inconnu.

En ce moment la porte, poussée par une main impatiente, s’ouvrit toute grande.

Mme Georges entra vivement, presque joyeuse, en s’écriant :

— Libre, tout à fait libre cette fois ! Es-tu contente, Elisabeth ?

Mais apercevant la visiteuse, sa vivacité tomba. L’institutrice s’était levée.

— Elisabeth vient de me dire, Madame, le grand chagrin qui…

— Ah ! oui, interrompit Mme Georges sour-