Page:Pradez - La Revanche du Passé, 1900.djvu/46

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Mme Musseau se leva brusquement. Étourdie par une préface qui ne lui laissait aucun doute sur son expulsion, elle luttait pour dissimuler l’amertume de son mécompte.

La certitude de se trouver du jour au lendemain les mains vides en face des appétits grandissants d’André la troublait si profondément qu’elle ne trouvait rien à répondre. Elle resta un moment sans voix, les petits yeux gris plantés comme des vrilles sur la belle figure régulière. Elle dit enfin avec effort :

— Je m’étais attachée à l’enfant, moi. Et c’est dur de…

— Élisabeth aussi vous regrettera certainement, dit Mme Georges embarrassée.

Et se tournant vers Elisabeth pour solliciter un mot d’approbation, elle rencontra le regard de sa fille, un regard fixe, étrange, soupçonneux. Oubliant la présence de l’étrangère, elle s’écria douloureusement :

— Élisabeth, qu’est-ce que tu as ?

La grande jeune fille s’approcha de sa mère.