Page:Pradez - La Revanche du Passé, 1900.djvu/85

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nous restions ensemble, Elisabeth, mais… maintenant… tu…

Elle s’interrompit, saisit les longues mains juvéniles et acheva sourdement :

— Ta pauvre mère… Est-ce que tu ne l’aimes plus ?

Le cœur d’Elisabeth bondit. Elle hésita l’espace d’une seconde, puis, doucement, elle dégagea ses mains, détourna la tête et répondit froidement :

— Mais si.

Il y eut un instant de silence pénible.

— J’aurais tant voulu te rendre heureuse, reprit enfin Mme Georges, mais je ne réussis pas… Une malédiction pèse sur mes efforts… Non… tu n’es pas heureuse ! Si au moins je savais pourquoi, si tu parlais… Dis-le-moi ce soir, Élisabeth, dis-le-moi pendant le silence de cette belle nuit, qu’est-ce que tu as ?

Élisabeth devint nerveuse :

— Pourquoi me persécuter avec toutes ces questions ? dit-elle à voix basse ; je n’ai rien.