Page:Pradez - La Revanche du Passé, 1900.djvu/87

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


rien d’autre dans ce moment que le désir fébrile de tenir la vérité, quelle qu’elle fût, et de la retourner de tous côtés entre ses doigts soupçonneux, jusqu’à ce que fût apaisée cette âpre et obsédante envie.

Mme Georges resta seule un moment en face de la belle nuit sereine où naguère elle avait puisé l’héroïque courage de la confession, puis lentement elle vint se rasseoir à côté de sa fille. Elle balbutia :

— C’est affreux ce que tu me forces à faire.

Et elle attendit de nouveau, espérant encore qu’Élisabeth parlerait, mais les lèvres pâles restaient obstinément fermées. Alors, d’une voix basse et rapide, la mère se décida :

— L’autre jour, dit-elle, les yeux fixés dehors sur le ciel profond, tu m’as demandé… Je n’ai pas compris ton intention… tu m’as demandé pourquoi tu t’appelais Élisabeth ? Ta question, cette question…

Elle s’interrompit effrayée et reprit sourdement :