Page:Pradez - La Revanche du Passé, 1900.djvu/92

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pouvait les réveiller, pour en extrairé une saveur nouvelle très amère, elle rêva aux choses passées.

Toute sa vie, avec ses nombreux coins d’ombre et de mystère, s’éclairait enfin d’une lumière éclatante, et elle trouvait une sorte de jouissance âpre à refaire en plein jour le long chemin parcouru dans la nuit, avec ses tâtonnements inquiets d’enfant soupçonneuse.

Elle aurait voulu ne pas se lever, ne plus jamais bouger, rester indéfiniment à cette même place, à remuer ces choses mortes d’où s’échappait un parfum malsain, si pénétrant qu’elle sentait sa tête se troubler et son cœur se soulever. De temps en temps, elle répétait machinalement :

— C’est pour cela que cette servante me hait. Et, tout à coup, prise d’un désir subit et pressant de voir de près le visage revêche de Gertrude, elle se leva à la hâte et s’habilla fiévreusement.

Au moment où elle ouvrit ses volets, un