Page:Pradez - La Revanche du Passé, 1900.djvu/94

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lités, aux pires, elle croyait s’être armée pour toutes les batailles, mais trembler, pâlir, rougir sous le regard froid d’Élisabeth, elle n’avait pas prévu la possibilité de cet atroce supplice.

Elle tint un moment la forme récalcitrante serrée dans ses bras, cherchant avec angoisse, sans le trouver, un mot, le mot qu’il fallait dire pour conjurer le danger de cette minute unique dont les graves conséquences pouvaient compromettre tout l’avenir. Mais il y avait dans l’attitude d’Élisabeth quelque chose de si glaçant qu’une allusion, même lointaine, aux confidences de la veille lui fut impossible.

Au bout de quelques secondes de vaine recherche, elle libéra Élisabeth de son étreinte. Dès qu’elle se sentit libre, la jeune fille se dirigea sans rien dire vers le salon, où le soleil du matin entrait à flot par les deux fenêtres.

Il y eut, dans la chambre pleine de la lumière rose qui empourprait le levant, un moment de silence très lourd, puis, avec un sourire pénible, la mère articula :