Page:Pradez - La Revanche du Passé, 1900.djvu/95

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— As-tu vu ce beau soleil ? Il fait frais ce matin. Hier on étouffait.

— Oui, dit Élisabeth, à voix basse en regardant dehors très loin dans l’atmosphère bleuâtre et gaie du grand matin. L’orage a fait beaucoup de bien. On dirait que l’air a été lavé.

Et la prison aux murs infranchissables qui allait les vouer aux banalités de l’existence ferma sans bruit autour d’elles sa haute cloison sans issue.

Toute la longue journée, aux travers des ordinaires péripéties de la vie quotidienne, elles se heurtèrent sans cesse à l’invisible mais solide barrière.

Vers la fin de l’après-midi enfin, épuisée par le mutisme obstiné d’Élisabeth, Mme Georges lui proposa une sortie.

— Veux-tu ? Nous irons jusqu’à la rivière, nous nous promènerons un moment le long de l’eau, et puis nous reviendrons.

La jeune fille courut mettre son chapeau.

Peut-être, au milieu du va-et-vient des rues,