Page:Procès-verbal de la Commission Municipale du Vieux Paris, 1898, 8.djvu/18

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stipuler que, chaque fois que ce sera possible, une maquette en grandeur d’exécution de tout monument public ayant un caractère décoratif sera érigée sur l’emplacement destiné à le recevoir, et soumise à l’appréciation d’une Commission compétente ; elle en permettra l’appréciation par le public et par l’auteur lui-même, qui sera mieux en mesure de juger de l’effet produit et de proportionner sûrement les dimensions de l’œuvre à celles de son entourage.

L’exécution d’une œuvre de concours, surtout si la maquette en grand est exigée, entraine à des dépenses dont il importe que les concurrents soient au moins partiellement indemnisés ; l’équité la plus rigoureuse doit présider à la distribution de ces indemnités.

Le vœu a été émis en conséquence que, lors même que le résultat donné par un concours ne répondrait pas à l’attente, les primes annoncées soient distribuées aux concurrents dont les travaux ont paru les meilleurs, sans obligation toutefois d’exécuter l’œuvre primée.

Le maintien, en principe, de ces concours est désirable, mais il y a lieu de modifier les conditions dans lesquelles cette institution fonctionne actuellement, — certaines de ces conditions étant de nature à mettre obstacle à la libre démonstration des moyens de chaque concurrent, d’autres étant inutiles ou ne donnant pas de garanties suffisantes.

Après avoir examiné chacune des conditions, la section a voté la résolution suivante :

1° Maintenir en principe, mais modifier dans l’application, l’institution des concours dits « de Rome » ;

2° Demander aux candidats le plus d’instruction possible et les mettre, par les établissements d’instruction, en mesure de l’acquérir facilement ; tenir compte plus largement, toutefois, du talent personnel des candidats que de leur science ;

3° Retrancher des conditions actuelles du concours toutes les dispositions pouvant mettre obstacle à la libre révélation de la personnalité de chaque candidat; apporter beaucoup de largeur dans le choix du sujet et admettre chaque concurrent à en traiter deux : l’un imposé, l’autre au choix ; à la rigueur, et s’il est reconnu que cette mesure soit indispensable pour donner toute garantie de sincérité, demander que ces deux sujets soient traités en loge ;

4° De préférence pourtant, ne maintenir l’obligation du travail dans un lieu déterminé que pour les examens scientifiques ;

5° Maintenir l’obligation du voyage, en laissant au lauréat toute latitude au sujet du choix de son itinéraire, mais en lui recommandant toutefois les buts de visite les plus utiles ;

6° Maintenir l’obligation, pour les lauréats, de l’envoi de rapports et de travaux constituant un moyen d’appréciation constante des profits qu’ils retirent des avantages que leur offre le prix ;

7° Étendre, enfin, les avantages aussi bien que les obligations attachés au prix, aux concurrents classés second et troisième, proportionnellement au résultat du concours.

8° L’organisation de ce concours devra du reste pouvoir être modifiée d’après les progrès de l’enseignement artistique dont il est en quelque sorte la consécration, et les sujets d’application pour les rues et les monuments publics pourront être donnés également.


troisième section — l’art public au point de vue technique.

Le Congrès émet le vœu que, dans l’administration et la direction des académies des écoles des Beaux-arts et des écoles d’art, il y ait plus de liberté et plus de décentralisation.

En ce qui concerne particulièrement les écoles d’application pour les métiers d’art, elles devraient être administrées et dirigées par les délégués — artistes et industriels - des associations corporatives, chambres de commerce, chambres syndicales, patronales et ouvrières représentant, devant les pouvoirs publics et devant les populations, les métiers pour le développement desquels ces écoles ont été créées.

Émet le vœu que, dans les écoles d’art de tous les degrés, l’enseignement soit à la fois théorique et pratique ; que cet enseignement ne soit pas, dès le début, trop spécialisé suivant les diverses branches professionnelles, la peinture, la Sculpture et l’architecture, choisies par les élèves, mais qu’il prenne au contraire un caractère d’enseignement général répondant à ce qui a été dénommé, dans quelques pays, l’enseignement simultané.

Émet le vœu que, en projetant et en exécutant de nouveaux quartiers de villes, les municipalités se laissent guider, plus qu’elles ne